Une réfutation du gambit du Roi

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Par le champion Américain Bobby Fischer, Grand-Maître international, Champion du monde des Échecs de 1972 à 1975, né à Chicago en 1943, mort à Reykjavik en 2008 à l’âge de 64 ans (R.I.P.) Cet article est paru dans American Chess Quarterly en 1961 (Fischer avait 18 ans).

Le gambit du Roi a perdu sa popularité, mais pas ses sympathisants. Les analystes prennent des gants et semblent réticents à démontrer une réfutation complète. Le « Manuel du joueur d’Échecs » de Gossip et Lipshutz, publié en 1874, consacre 237 pages à ce gambit sans arriver à une conclusion. Jusqu’à ce jour l’ouverture a été analysée d’une manière romantique – non scientifique. Les modernes semblent partager la même attitude inconsciente, attitude qui conduisit les joueurs de l’ancien temps à maudire un Steinitz : « Il a ôté leur beauté aux Échecs ».

Pour le public, le joueur du gambit du Roi montre du courage et de la bravoure. Le gambit avait fait un retour avec les jeunes Grand-Maitres Soviétiques, notamment Spassky (Qui avait battu Bronstein, Averbak et moi-même avec lui). Ses victoires ont rarement reflété les mérites de l’ouverture puisque ses opposants se sont égarés en milieu de partie. Comme c’est souvent le cas, comme avec Bronstein ou Santasiere, le gambit du Roi est joué dans le but d’obtenir une finale favorable. Spassky m’a dit lui-même que le gambit ne donne pas grand-chose aux Blancs, mais qu’il le joue pour éviter la Ruy-Lopez ou le Giuoco Piano.

La réfutation de n’importe quel gambit commence par son acceptation. De mon point de vue, le gambit du Roi est réfuté. Il perd forcément.

 

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